LA LOI ANTITERRORISTE ET SES EFFETS : POINT DE VUE D'UNIVERSITAIRES CANADIENS

6. CONCLUSIONS


6. CONCLUSIONS

L'objectif principal du présent projet était de déterminer les effets majeurs du projet de loi C-36, la Loi antiterroriste, un projet de loi omnibus déposé par le gouvernement du Canada dans la foulée des événements du 11 septembre 2001 afin de lutter contre le terrorisme. Pour réaliser cet objectif, le ministère de la Justice a recensé dans les universités un certain nombres d'experts sur le terrorisme et leur a demandé de répondre par écrit à des questions portant sur les effets de la Loi, les menaces auxquelles le Canada faisait face et les mesures que le pays devait envisager en réaction à ces menaces.

La provenance géographique des universitaires qui ont participé au projet et leur domaine d'expertise sont variés. Ils sont rattachés à des facultés de droit, des départements d'histoire ou divers programmes universitaires : études internationales, études des conflits ou programmes sur la gouvernance. Puisque les experts qui composaient le groupe de départ n'ont pas été sélectionnés au hasard, on ne peut prétendre que les participants au projet forment un échantillon représentatif de l'ensemble des universitaires canadiens détenant une expertise en matière de terrorisme.

6.1 Les effets de la Loi antiterroriste

Nombreux sont les participants qui ont fait remarquer qu'il était encore trop tôt pour mesurer les effets de la Loi puisque plusieurs des pouvoirs les plus controversés créés sous son régime n'ont pas été utilisés à ce jour. Ils ont aussi évoqué le fait qu'il était difficile de déterminer si la Loi était susceptible de décourager les attentats, car si l'absence d'incidents de cette nature peut indiquer que les mesures prises ont porté fruit, elle peut aussi vouloir dire que la menace réelle a été minimale.

Points saillants :

6.2 Tendances suivies par le terrorisme et menaces guettant le Canada

Plusieurs des participants ont fait allusion aux transformations subies par le terrorisme depuis le 11 septembre. Ils mentionnent spécifiquement l'abandon des limites applicables aux attentats terroristes, la recherche du plus grand nombre de victimes possible et les risques d'attentats perpétrés à l'aide d'armes de destruction massive.

Points saillants :

6.3 Réaction du Canada à l'endroit du terrorisme

Globalement, les participants insistent sur le fait que la réaction du Canada doit se faire sentir à de multiples niveaux : lois efficaces, activités de renseignement, travail policier, protection des infrastructures essentielles et politiques gouvernementales visant à promouvoir les valeurs et les intérêts des Canadiens. Plusieurs participants sont en faveur d'une démarche d'intervention globale à l'endroit des diverses menaces guettant le Canada, y compris le terrorisme, et encouragent le pays à classer ces menaces selon un ordre de priorité. Une telle démarche n'est possible qu'avec la collaboration des organisations publiques et privées concernées, à qui la responsabilité incombe de combattre ces menaces. Les participants ont également discuté de l'importance de développer une capacité d'évaluation de la menace qui soit centralisée et de revoir les méthodes d'évaluation des risques en vue de déterminer les capacités et les intentions des terroristes, de même que la vulnérabilité de diverses cibles.

De l'avis de plusieurs participants, le Canada doit réagir avec mesure par des moyens financièrement viables qui respectent les libertés fondamentales et évitent de provoquer l'alinéation de certaines communautés et de faire en sorte que celles-ci deviennent pour les groupes d'extrémistes un terreau plus fertile pour le recrutement. En dépit des mises en garde sévères contre toute réaction excessive au terrorisme, les participants soulignent que la préservation de la sécurité des Canadiens constitue une obligation morale et juridique fondamentale du gouvernement.

Points saillants :