Rapport final : Participation et consultation sur la stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires
Sommaire
Le présent rapport donne un aperçu du processus de participation et de consultation concernant la Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest). L’objectif de ces activités était de recueillir les commentaires de la communauté noire et d’autres parties prenantes afin de prendre des décisions éclairées dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre de la Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires dans les Territoires du Nord-Ouest. Le processus de participation s’est étalé sur plusieurs mois et a fait appel à diverses méthodes pour garantir l’inclusion et l’accessibilité.
Introduction et contexte
La Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires a été lancée par le gouvernement fédéral dans le cadre de son engagement à lutter contre le racisme systémique au sein du système judiciaire et à garantir un accès équitable à la justice pour tous les Canadiens, quelle que soit leur origine raciale. La stratégie vise à cerner et à corriger les obstacles systémiques auxquels sont confrontés les Noirs canadiens dans le système judiciaire.
Black Advocacy Coalition Up North (BACupNorth)
Black Advocacy Coalition Up North est une organisation à but lucratif dirigée par des Noirs, basée à Yellowknife et comptant des membres dans l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest. Notre vision est de donner des moyens d’agir et de défendre l’avancement de l’égalité raciale dans les Territoires du Nord-Ouest. BACupNorth a pour mission de s’attaquer au racisme systémique et de démanteler les obstacles à l’équité dans les domaines de l’application de la loi, de la justice, de la santé, du logement, de l’éducation, de la recherche et des médias. Nous donnons aux personnes de couleur les moyens d’agir grâce à des programmes de défense des droits et à des programmes économiques et sociaux.
Méthodologie
Le processus de participation et de consultation à Yellowknife a suivi une approche globale pour veiller à ce qu’un large éventail de voix soient entendues. La méthodologie comprenait :
- Ateliers communautaires sur la justice pour les Noirs (Le sujet) : Une série d’ateliers communautaires ont été organisés à différents endroits de Yellowknife pour faciliter les discussions ouvertes. Des membres de la communauté, des représentants du système judiciaire et des défenseurs ont participé à ces ateliers.
- Sondages en ligne : Un sondage en ligne a été mis à la disposition des résidents de Yellowknife afin de recueillir les commentaires de ceux qui n’ont pas pu assister aux événements en personne. Cela a permis de garantir l’inclusion et l’accessibilité à un public plus large. Nous avons eu 81 répondants, dont 89,5 % étaient des particuliers et 10,5 % des organisations travaillant avec les communautés noires des T.N.-O. D’autre part, parmi les 81 répondants, il y avait une représentation équitable des différents groupes d’âge avec 56,8 % entre 30 et 45 ans, 21 % entre 18 et 21 ans et 16 % entre 46 et 60 ans.
Version texte (Traduction)
Diagramme circulaire illustrant la répartition des réponses à la question « Répondez-vous en tant qu’organisation ou en tant qu’individu?
Répondez-vous en tant qu’organisation ou particulier?
57 réponses
Organisation 89,5 %
Particulier 10,5 %
Version texte (Traduction)
Diagramme circulaire illustrant la répartition des réponses à la question « Quelle est votre tranche d’âge? ». Le graphique montre la répartition des participants en cinq groupes d’âge : 13-17 ans, 18-29 ans, 30-45 ans, 46-60 ans et 60 ans et plus.
17 ans, 18-29 ans, 30-45 ans, 46-60 ans et 60 ans et plus.
Profil personnel : Quelle est votre tranche d’âge?
81 réponses
13 – 17 ans
18 – 29 ans 21 %
30 – 45 ans 56,8 %
46 – 60 ans 16 %
60 ans et plus
- Groupes de discussion : Des groupes de discussion ont été organisés avec certains groupes démographiques, notamment les jeunes, les personnes âgées et les personnes ayant vécu une expérience au sein du système judiciaire. Ces discussions de groupe ont porté sur les expériences vécues et les interactions des membres de la communauté avec le système judiciaire, la GRC et les établissements correctionnels dans les T.N.-O. La plupart des membres de la communauté ont indiqué qu’ils avaient été victimes d’un traitement injuste de la part du système sur la base d’un jugement préconçu fondé sur leur race. Un participant a mentionné ceci :
« Oui, les incidents qui nous sont arrivés, à moi et à ma famille, sont innombrables. Ces incidents sont allés d’arrestations illégales et d’arrestations effectuées sans possibilité de signer des engagements à un manque d’action de la part de la police lorsque nous subissions des violences ou que nous faisions appel à elle. »
« Oui, je me suis fait arrêter une fois et avant que le policier ne vienne me parler, il a appelé des renforts et huit autres policiers sont arrivés, ils m’ont parlé avec leurs armes à la main. Ils m’ont demandé une pièce d’identité et m’ont laissé partir. Ils ont eu besoin de huit policiers armés pour effectuer un contrôle routier d’un seul homme noir. »
- Réunions des parties prenantes : Les principales parties prenantes, y compris les fonctionnaires locaux, les organisations communautaires et les juristes, ont été consultées afin d’assurer une bonne compréhension du contexte local.
Principales observations
Le processus de participation et de consultation a permis de dégager plusieurs constatations essentielles qui peuvent être regroupées sous les thèmes suivants :
Déterminants sociaux de la justice : Les déterminants sociaux de la justice pour les Noirs dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada, comme dans beaucoup d’autres régions, sont influencés par une série de facteurs sociaux, économiques et systémiques. Il est important de noter que même si les Territoires du Nord-Ouest ont une population noire relativement faible par rapport à d’autres provinces, les problèmes systémiques ont quand même une incidence considérable sur leur accès à la justice et leur bien-être général. Voici quelques déterminants sociaux de la justice qui touchent fortement les Noirs dans les Territoires du Nord-Ouest.
Version texte (Traduction)
Diagramme circulaire illustrant la répartition des réponses à la question « Veuillez identifier les trois recommandations les plus prometteuses pour éliminer le racisme anti-Noir et autochtones et la discrimination dans le système de justice pénale ». Le graphique montre la répartition des réponses entre sept recommandations : Remédier aux disparités raciales dans l’éducation, améliorer l’accès aux possibilités économiques, améliorer l’accès aux services de santé mentale, renforcer le soutien communautaire, lutter contre le racisme systémique dans la protection de l’enfance, répondre aux besoins des immigrants noirs et accroître la stabilité du logement.
Déterminants sociaux de la justice. Veuillez indiquer les trois recommandations les plus prometteuses pour éliminer le racisme à l’égard des personnes noires et autochtones et la discrimination… dans le système de justice pénale
57 réponses
Remédier aux disparités raciales dans l’éducation
Améliorer l’accès aux possibilités économiques (19,3 %)
Améliorer l’accès aux services de santé mentale (21,1 %)
Renforcer le soutien commun…
Évaluer le racisme systémique dans…(31,6 %)
Répondre aux besoins des immigrants noirs…(12,3 %)
Accroître la stabilité du logement pour les Noirs…(7 %)
- Discrimination raciale et systémique : La discrimination et le racisme jouent un rôle important dans la manière dont les Noirs sont traités au sein du système de justice pénale. Les préjugés raciaux influent sur les interactions avec les forces de l’ordre, la probabilité d’être interpellé, fouillé ou arrêté. Tous ces préjugés influent sur les résultats des procédures judiciaires. De nombreux participants ont fait part de leurs préoccupations concernant la discrimination systémique au sein du système judiciaire, y compris le profilage racial et la prise de décision biaisée par les juges.
« Le racisme systémique qui place les Blancs comme étant supérieurs à tous les autres. Une fois que nous aurons supprimé la mentalité colonialiste à l’égard des Autochtones, des Noirs ou des esclaves, nous pourrons alors commencer à nous considérer comme des égaux. L’égalité découle de la prise de responsabilité pour les péchés de nos grands-pères, de la demande de pardon et de la création d’une plateforme positive à l’avenir. Le fait que les reproches ne cessent de fuser et que toutes les parties ne sont pas prêtes à accepter la responsabilité de ce qui s’est passé. Nous continuons à distribuer les reproches. Ces reproches conduisent à des stéréotypes et à des silos raciaux qui divisent les gens en fonction de leur race. Les institutions utilisent la race pour poursuivre le colonialisme en écartant systématiquement les races autochtones et noires des postes de direction. Ainsi, si nous ne créons pas un espace de dialogue sur un pied d’égalité, les personnes autochtones, noires et de couleur et les communautés 2ELGBTQI+ continueront d’être considérées comme inférieures et leur voix n’aura pas d’importance. Il est nécessaire de s’attaquer à la dynamique du pouvoir existante dans le système judiciaire. Cessez d’utiliser le système judiciaire comme une arme contre les groupes inférieurs. »
- Accès aux services juridiques : L’accès à des services juridiques abordables et adaptés à la culture a été relevé comme un défi important pour la communauté noire des Territoires du Nord-Ouest. Les Noirs se plaignent de la difficulté d’accéder à un conseil juridique abordable et de se repérer dans le processus juridique, ce qui a une incidence sur leurs résultats dans les procédures judiciaires. Dans les commentaires, si certains pensent ceci :
« Dans une certaine mesure, les ressources sont disponibles pour tout le monde si l’on sait où les trouver. Dans les communautés noires, la peur du système judiciaire et de la police crée un obstacle à l’accessibilité »,
d’autres ont un avis différent :
« Non. Toutes les ressources juridiques ne sont pas égales. Plus vous avez d’argent, plus l’accès est important et de meilleure qualité. Les ressources financières d’une personne jouent un rôle important dans l’obtention d’une représentation juridique. La plupart du temps, les options les moins chères sont surchargées pour fournir des services capables de rivaliser avec leurs homologues. »
« Égal, mais pas nécessairement équitable. Par exemple, dans les Territoires du Nord-Ouest, une clinique d’aide juridique n’est disponible que dans les grands centres, et non dans les communautés. Ceux qui ont de l’argent auront plus de mal à trouver un avocat capable, selon eux, de les défendre authentiquement, et ceux qui n’ont pas d’argent ne seront pas représentés ou dépendront de l’aide juridique, où les avocats ne pourront peut-être pas traiter tous les problèmes juridiques, auront un nombre d’heures limité ou seront peut-être épuisés. D’autre part, ces communautés ont souvent moins de contacts personnels et de soutiens dans le domaine juridique. »
- Logement et itinérance : Un logement stable est un déterminant social essentiel de la justice. Les situations d’itinérance et de logement instable peuvent accroître le risque d’avoir affaire aux forces de l’ordre et au système judiciaire, et les Noirs sont confrontés à des difficultés particulières pour obtenir un logement en raison de la discrimination raciale.
- Participation des jeunes : Les jeunes participants ont souligné l’importance de faire participer les jeunes aux discussions et aux initiatives liées à la réforme de la justice.
- Éducation et justice pour les jeunes : L’accès à une éducation de qualité et à des services de soutien influence les résultats comportementaux des jeunes. Les disparités en matière d’éducation et de services de soutien font que les jeunes Noirs sont plus souvent impliqués dans des activités criminelles, et ont plus souvent affaire aux forces de l’ordre et au système de justice pénale.
- Santé mentale et bien-être : Le soutien à la santé mentale et au bien-être au sein du système judiciaire est considéré comme un domaine nécessitant des améliorations. Les questions de santé et de santé mentale se recoupent avec le système de justice pénale. Les Noirs des Territoires du Nord-Ouest sont confrontés à des disparités dans l’accès aux soins de santé et aux services de santé mentale, ce qui peut avoir une incidence sur leur bien-être général et leurs interactions avec le système judiciaire.
La police à l’égard des Noirs dans les Territoires du Nord-Ouest : Les pratiques de police et d’application de la loi jouent un rôle important dans la détermination de la justice pour les Noirs dans les Territoires du Nord-Ouest, comme c’est le cas dans d’autres régions. Bien que les Territoires du Nord-Ouest aient une population noire relativement peu nombreuse par rapport à d’autres provinces, il y a quand même des aspects importants à prendre en compte concernant la manière dont la police et l’application de la loi ont une incidence sur le système judiciaire pour les Noirs. Voici quelques façons dont la police et l’application de la loi peuvent influencer la justice :
- Recours à la force : Le recours à la force par la police peut toucher de manière disproportionnée les Noirs. Les cas de force excessive, de brutalité et de violence de la part des forces de l’ordre peuvent entraîner un préjudice, des blessures et des décès, ce qui crée des tensions entre la communauté noire et la police. Le meurtre de George Floyd par un agent de police dans le Minnesota en est un exemple.
- Profilage racial : On parle de profilage racial lorsque les forces de l’ordre ciblent des personnes sur la base de leur race ou de leur origine ethnique perçue plutôt que sur la preuve d’un comportement criminel. Dans les Territoires du Nord-Ouest, les Noirs font l’objet d’un profilage racial qui entraîne des interpellations, des fouilles et des arrestations injustifiées. Les juges privilégient souvent les témoignages des policiers par rapport à ceux des Noirs, ce qui peut influencer l’issue des procédures judiciaires.
- Taux d’arrestation et de détention : Les Noirs sont plus susceptibles d’être arrêtés et détenus par les forces de l’ordre que les autres groupes raciaux. Cette situation est due à des préjugés raciaux. Cela peut conduire à une surreprésentation dans les prisons et le système de justice pénale.
- Manque de compétences culturelles : La GRC dans les Territoires du Nord-Ouest peut manquer de formation en matière de compétences culturelles, ce qui peut entraîner des malentendus et une communication inefficace avec les Noirs. La sensibilité culturelle est essentielle pour instaurer la confiance et la coopération entre la police et la communauté noire.
- Préjugés implicites : Les préjugés implicites peuvent influer sur les décisions des forces de l’ordre, telles que le choix des personnes à arrêter, à fouiller ou à interroger. Les efforts visant à traiter et à atténuer les préjugés implicites au sein de la GRC dans les Territoires du Nord-Ouest sont très importants pour promouvoir l’équité et la justice.
Tribunaux et lois : Les tribunaux et les lois, qui font partie du système judiciaire des Territoires du Nord-Ouest, jouent un rôle crucial dans l’incidence de la justice pour les Noirs :
- Affaires de discrimination raciale : Les tribunaux devraient être habilités à instruire des affaires de discrimination raciale concernant des Noirs qui ont été victimes de discrimination dans divers aspects de la vie, notamment l’emploi, le logement, l’éducation et les interactions avec les forces de l’ordre.
- Représentation juridique : L’accès à une représentation juridique abordable pour les Noirs est essentiel pour obtenir justice. Les lois peuvent et devraient influencer le financement des services d’aide juridique et la disponibilité de conseils juridiques abordables, ce qui peut avoir une incidence sur la capacité des Noirs à se repérer efficacement dans le système juridique.
- Sensibilité culturelle et procès équitables : Les tribunaux peuvent s’assurer que les procès sont menés de manière équitable et avec une sensibilité culturelle, en tenant compte des expériences uniques des Noirs dans les Territoires du Nord-Ouest. Les juges et les juristes suivent une formation sur les compétences culturelles afin de mieux comprendre les problèmes rencontrés par les communautés noires.
- Disparités en matière de détermination de la peine : Les lois et les lignes directrices en matière de détermination de la peine peuvent contribuer aux disparités en matière de détermination de la peine. Les tribunaux peuvent remédier à ces disparités en tenant compte de facteurs tels que le racisme systémique et la situation particulière des Noirs lorsqu’ils déterminent les peines.
- Affaires de droits civils : Les Noirs qui estiment que leurs droits civils ont été violés, par exemple lors d’incidents de profilage racial ou de brutalité policière, devraient pouvoir obtenir justice auprès des tribunaux grâce à des conseils juridiques abordables et à des cliniques juridiques. La loi et les décisions des tribunaux peuvent créer des précédents dans de telles affaires.
- Plaidoyer et réforme juridique : Le système juridique peut être influencé par les efforts de plaidoyer et les appels à des réformes juridiques. Les militants noirs et des organisations telles que la Black Advocacy Coalition travaillent sans relâche pour modifier la loi, les politiques et les pratiques judiciaires afin de promouvoir la justice et l’égalité pour les Noirs dans le système judiciaire canadien.
Centres et services correctionnels : Les centres correctionnels des Territoires du Nord-Ouest affichent une surreprésentation disproportionnée de Noirs et d’Autochtones.
- Surreprésentation : L’expérience des détenus noirs au sein du système correctionnel peut être influencée par divers facteurs, notamment des problèmes systémiques et des disparités raciales, qui peuvent être révélateurs de disparités en matière d’arrestation et de détermination de la peine. La surreprésentation peut résulter du profilage racial, de facteurs socioéconomiques et de préjugés systémiques. Les efforts déployés pour résoudre ces problèmes nécessitent une collaboration entre les autorités correctionnelles, les décideurs, les organisations communautaires et les défenseurs des droits :
- Discrimination et harcèlement : Les détenus noirs des Territoires du Nord-Ouest sont victimes de discrimination et de harcèlement dans les centres correctionnels, ce qui a des répercussions négatives sur leur bien-être mental et physique.
- Compétences culturelles : Les centres correctionnels et les prisons des Territoires du Nord-Ouest doivent être sensibles à la diversité culturelle de tous les détenus, y compris les Noirs. Le manque de compétences et de sensibilité culturelles peut entraîner des malentendus et des efforts de réadaptation inefficaces.
- Plaidoyer et réforme : Les efforts de plaidoyer et les réformes juridiques peuvent influencer les conditions et les pratiques au sein des centres correctionnels. La Black Advocacy Coalition s’est battue et a plaidé pour l’amélioration des conditions de détention, de la surreprésentation et de la discrimination et la nécessité d’améliorer les services.
Réinsertion et retour dans la communauté
- Programmes et services de réhabilitation : La disponibilité de programmes de réhabilitation, d’éducation et de santé mentale dans les centres correctionnels peut avoir une incidence sur les chances de réinsertion sociale réussie d’une personne. Ces programmes devraient être conçus dans une optique multiculturelle, en partenariat avec les organisations communautaires noires et les parties prenantes qui travaillent avec les communautés noires dans les Territoires. Les Noirs peuvent être confrontés à des disparités dans l’accès aux services existants qui ne sont pas adaptés à la culture de la communauté noire, même si on leur en donne la possibilité.
- Efforts de réinsertion dans la communauté : Une réinsertion sociale réussie est un aspect essentiel de la justice. Les centres correctionnels peuvent jouer un rôle dans la préparation de toutes les personnes, y compris les détenus noirs, à leur retour dans la communauté. Il s’agit notamment, entre autres services, de leur donner accès à une formation professionnelle, à une aide au logement, à un traitement de la toxicomanie et à un soutien en matière de santé mentale et même de leur enseigner des techniques de survie de base. Cela permettra de préparer les personnes à la réussite plutôt que de les laisser retourner dans la communauté sans les soutiens appropriés. Elles reviendront ainsi à leur point de départ, et le cycle s’enclenchera.
- Évaluation et suivi : Les agents de probation doivent évaluer en permanence les progrès des détenus libérés et adapter les plans de réinsertion en fonction des besoins. Fournir un soutien continu et des ressources pour aider les personnes à maintenir un mode de vie sans criminalité. Cet objectif peut être atteint en collaborant avec les organisations noires au sein de la communauté et en assurant la liaison avec elles afin de fournir des services intégrés de gestion de cas aux personnes vivant dans ces établissements et de les mettre en relation avec les services communautaires qui soutiendront la vie de ces personnes.
- Traitement de la santé mentale et de la toxicomanie : Il ne fait aucun doute que les détenus noirs ont développé des problèmes de santé mentale au cours de leur détention. Cela peut être dû au traumatisme causé par des accusations injustifiées, à des procédures judiciaires injustes, au racisme pendant leur séjour en prison, pour ne citer que quelques causes. Il est important de noter ici que la communauté noire refuse généralement d’aborder des problèmes tels que la santé mentale, car cela est considéré comme un sujet tabou. Il est donc difficile pour les Noirs d’accepter ces problèmes et il serait très utile de travailler avec des organisations pour concevoir des programmes de traitement de la santé mentale et de la toxicomanie adaptés à la culture, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons. Veiller à ce que les détenus aient accès à des services continus de counseling et de soutien dès leur libération et par la suite.
Version texte (Traduction)
Diagramme circulaire illustrant la répartition des réponses à la question « Veuillez identifier les trois recommandations les plus susceptibles de contribuer à une réintégration communautaire réussie des autochtones, noires, et des personnes de couleur ». Le graphique montre la répartition des réponses entre les différentes recommandations.
Réinsertion dans la communauté : Veuillez indiquer les trois recommandations les plus susceptibles de contribuer à une réinsertion communautaire réussie des personnes autochtones, noires et de couleur
81 réponses
Élaborer et mettre en œuvre des approches culturelles…(23,5 %)
Donner la priorité à l’éducation, à la formation professionnelle…(17,3 %)
Collaborer avec les organisations communautaires ou…(12,3 %)
Introduire la suspension automatique du casier…
Assurer l’accès aux services de santé mentale…
Veiller à ce que les décisions concernant…
Oui, la pauvreté, le racisme systématique…
Aucune idée
Recommandations
Sur la base des résultats du processus de participation et de consultation, les recommandations suivantes sont proposées pour la mise en œuvre de la Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires dans les Territoires du Nord-Ouest :
- Formation sur les compétences culturelles : Veiller à ce que le personnel du système judiciaire, y compris les agents de police, les avocats et les juges, reçoive régulièrement une formation sur les compétences culturelles afin de s’attaquer aux problèmes de préjugés et de discrimination. Cela est très important, car ces formations seront conçues pour intégrer les cultures noires et viseront à éduquer les parties prenantes sur les manières appropriées de travailler harmonieusement avec les membres de la communauté noire.
- Cliniques juridiques communautaires : Établir des cliniques juridiques communautaires à Yellowknife afin de fournir un soutien juridique accessible, en particulier pour les personnes issues de communautés marginalisées. Cela réduira le coût de l’accès aux services juridiques professionnels, car l’un des obstacles à la représentation adéquate des Noirs est le manque de moyens financiers.
- Services de police communautaires : L’établissement de relations positives entre les forces de l’ordre et les communautés noires au moyen d’initiatives de services de police communautaires peut améliorer la confiance et la coopération. Toutefois, l’efficacité de ces initiatives peut varier en fonction de certains facteurs. Il est recommandé de mettre en place un programme de cadets de la police ethnique, dans lequel les jeunes ayant des origines noires apprendront les valeurs fondamentales des services de police et sensibiliseront leurs familles et leurs amis afin de changer le récit des interactions entre les Noirs et la police.
- Obligation de rendre compte et surveillance de la GRC : La présence et l’efficacité des mécanismes de surveillance, tels que les commissions publiques de surveillance, peuvent avoir une incidence sur l’obligation de rendre compte des forces de l’ordre, non seulement à l’égard des Noirs. Garantir l’obligation de rendre compte en cas d’inconduite et d’usage excessif de la force est essentiel pour que justice soit rendue aux Noirs dans les Territoires du Nord-Ouest.
- Collecte de données et transparence au sein de la GRC : Une collecte complète de données sur les interactions entre la police et le public, y compris des données basées sur la race, est essentielle pour déterminer et traiter les disparités dans les pratiques policières. La transparence dans la communication et l’échange de ces données peut contribuer à promouvoir l’obligation de rendre compte. Les trois réponses les plus importantes données lorsqu’on a demandé des recommandations sur la manière d’éliminer le racisme au sein de la police sont les suivantes : 24,6 % ont recommandé la création d’unités de police qui établissent des relations avec les résidents; 21,1 % ont recommandé des normes et des conséquences claires pour les comportements racistes au sein des forces de police et 15,8 % ont recommandé la diversité au sein des forces de police.
Version texte (Traduction)
Diagramme circulaire illustrant la répartition des réponses à la question « Veuillez indiquer les trois recommandations les plus prometteuses pour éliminer le racisme à l’égard des personnes noires et autochtones et la discrimination systémique dans les de police». Le graphique montre la répartition des réponses entre les différentes recommandations.
Veuillez indiquer les trois recommandations les plus prometteuses pour éliminer le racisme à l’égard des personnes noires et autochtones et la discrimination systémique dans les services de police
57 réponses
Accroître la diversité des forces de police (15,8 %)
Mettre en place des unités de police de quartier qui établissent des relations avec les
résidents…(24,6 %)
Mettre en œuvre des normes et des conséquences claires pour les comportements racistes en…(21,1 %)
Mettre en place et élargir les équipes d’intervention en cas de crise qui comprennent
des profes…(8,8 %)
Intégrer une formation culturelle et sur la lutte contre le racisme à la police (21,1 %)
Réaffecter les fonds de la police pour investir dans…(8,8 %)
- Programmes de participation des jeunes : Élaborer des programmes qui font participer activement les jeunes aux discussions sur la réforme de la justice et qui leur donnent l’occasion de s’exprimer.
- Services de soutien en matière de santé mentale : Améliorer les services de soutien à la santé mentale et au bien-être adaptés à la culture au sein du système judiciaire afin de répondre aux besoins propres aux Noirs ayant affaire au système.
Version texte (Traduction)
Diagramme circulaire illustrant la répartition des réponses à la question « Veuillez indiquer les trois recommandations les plus prometteuses pour éliminer le racisme systémique et le racisme à l’égard des personnes noires et autochtones dans le système correctionnel. » Le graphique montre la répartition des réponses entre les différentes recommandations.
Système correctionnel : Veuillez indiquer les trois recommandations les plus prometteuses pour éliminer le racisme systémique et le racisme à l’égard des personnes noires et autochtones dans le système correctionnel.
57 réponses
Donner la priorité à l’éducation, à la formation professionnelle et à d’autres programmes pour les Noirs…(31,6 %)
Veiller à ce que les décisions de transfert involontaire soient fondées sur des critères…(8,8 %)
Examiner régulièrement les pratiques disciplinaires…(19,3 %)
Veiller à ce que la décision concernant…
Examiner et réviser les politiques de recours à la force…(24,6 %)
Je ne sais pas
Je ne crois à aucune de ces solutions…
Former les juristes au racisme. C’est…
- Programmes à l’intérieur et à l’extérieur des établissements correctionnels : Comme le montre le diagramme ci-dessus, les principaux résultats du sondage indiquent qu’il faut donner la priorité à l’éducation, à la formation professionnelle et à d’autres programmes pour les Noirs détenus, afin de favoriser une réinsertion réussie dans la communauté.
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