Méthodologie
La présente étude est fondée sur une méthodologie qualitative : des entrevues approfondies et des discussions de groupes ont été menées avec des prisonniers noirs provenant de trois établissements correctionnels fédéraux de l’Ontario, l’Établissement de Beaver Creek (secteurs à sécurité moyenne et minimale), l’Établissement de Collins Bay et l’Établissement de Warkworth. Les entrevues ont été menées dans le cadre de groupes de discussion d’environ 10 participants par table, avec un preneur de notes à chaque table et un animateur principal utilisant un microphone pour diriger les consultations. Il y a eu, au total, 87 prisonniers de l’Établissement de Warkworth, 63 prisonniers du secteur à sécurité moyenne de l’Établissement de Beaver Creek, 45 prisonniers du secteur à sécurité minimale de l’Établissement de Beaver Creek, et 51 prisonniers de l’Établissement de Collins Bay. De plus, des discussions de groupes ont été menées spécialement pour les hommes noirs incarcérés dans ces trois établissements. Nous avons également réalisé sept entrevues téléphoniques avec des personnes incarcérées dans le secteur à sécurité maximale de l’Établissement de Collins Bay, dans le Centre de détention du Sud de Toronto, dans le Centre de détention de l’Est de Toronto, et dans le Complexe correctionnel Maplehurst. Des données ont aussi été recueillies auprès de 15 jeunes ayant une expérience vécue du système juridique de la région ainsi que 20 conseillers communautaires professionnels, fournisseurs de services et dirigeants. La triangulation s’est donc avérée essentielle pour obtenir des renseignements de plusieurs sources et ainsi acquérir une compréhension exhaustive du phénomène étudié.
Les consultations ont été menées entre août et octobre 2023, et il y a eu un total de 280 participants. Ces derniers comprenaient 20 intervenants, 15 membres de la communauté ayant une expérience vécue et 245 hommes incarcérés dans des établissements fédéraux.
Les 245 hommes incarcérés dans des établissements fédéraux étaient âgés de plus de 18 ans. Parmi eux, 87 provenaient de l’Établissement de Warkworth, 51 de l’Établissement de Collins Bay, 62 du secteur à sécurité moyenne de l’Établissement de Beaver Creek, et 45 du secteur à sécurité minimale de l’Établissement de Beaver Creek. Le graphique ci-dessous donne un aperçu du nombre de prisonniers des différents établissements.
Graphique 1 : Nombre d’hommes incarcérés par établissement
Version texte (Traduction)
Graphique 1 – illustre le nombre d’hommes incarcérés consultés selon l’établissement carcéral :
Établissement de Collins Bay (51)
Établiissement de Beavercreek Minimum (45)
Établissement de Beavercreek Médium (62)
Établissement de Warkworth (87)
Les 20 intervenants qui ont participé comprenaient cinq membres du personnel de première ligne, 11 partenaires communautaires, deux dirigeants et deux employés en établissement, pour un total de 18 femmes et deux hommes.
Voici un graphique récapitulatif de la participation des intervenants.
Graphique 2 : Types d’intervenants
Version texte (Traduction)
Graphique 2 : La figure 2 présente un résumé graphique des intervenants, y compris les travailleurs de première ligne, les partenaires communautaires, les dirigeants et le personnel des établissements. Le graphique représente visuellement la répartition des participants de chaque groupe.
Travailleurs de première ligne (5)
Les partenaires communautaires (11)
Les dirigeants (2)
Le personnel des établissements (2)
Graphique 3 : Répartition des intervenants selon le sexe
Version texte (Traduction)
Graphique 3 – La figure 3 montre la répartition des parties prenantes par sexe, en indiquant la répartition des parties prenantes masculines et féminines.
Hommes (10%)
Femmes (90%)
Il y avait 15 membres de la communauté (jeunes ayant des expériences pertinentes) et trois membres de la famille ayant reçu de l’aide, pour un total de sept hommes et huit femmes.
Graphique 4 : Répartition des participants de la communauté selon le sexe
Version texte (Traduction)
Graphique 4 – illustre la répartition des participants par sexe, en indiquant la répartition des hommes et des femmes.
Hommes (47%)
Femmes (53%)
Quelques-unes des difficultés rencontrées
Il convient de noter que les participants (dans les prisons et dans la communauté) se sont surtout intéressés au thème des services correctionnels. La majorité de l’entrevue a été consacrée à ce sujet. Ce thème était d’une importance capitale et a permis de recueillir un nombre important de commentaires, de témoignages et de données sur les éléments déclencheurs. C’est d’ailleurs au cours de cette partie que nous avons offert du soutien aux traumatismes. Même si les participants ont remarqué des inégalités et du racisme dans tout le système juridique, leurs pires expériences de racisme, d’inégalités et de traitement injuste envers les Noirs se sont déroulées dans des établissements correctionnels (provinciaux et fédéraux).
Les prisonniers ont été sélectionnés par des chefs de prison et par la clientèle de Think 2wice, ainsi qu’au moyen de communications avec les établissements. La participation était volontaire et anonyme : aucun renseignement personnel n’a été recueilli. Deux des établissements avaient un formulaire d’inscription pour les prisonniers, mais l’autre, non. Les prisonniers ont été avisés qu’ils pouvaient ignorer les questions de leur choix. Les entrevues semi-structurées et les discussions en groupe ont duré de trois à huit heures pour chaque site. Les questions portaient sur les expériences et les recommandations liées au système juridique, et on a étudié plus en profondeur les déterminants sociaux et les services correctionnels. Les prisonniers répondaient en levant leur main, par « oui » ou « non » ou en cochant des cases. Des questions ouvertes leur ont permis d’offrir des réponses plus approfondies.
Quelques-unes des difficultés rencontrées
- La taille plus grande ou plus petite que prévu des groupes dans certains établissements. Nous n’avons aucune rétroaction des établissements pour pouvoir nous adapter aux différentes tailles de groupe.
- Plages horaires inopportunes : nous ne pouvions mener les entrevues qu’à 8 h pour l’Établissement de Warkworth et pour l’Établissement de Collins Bay. Il a donc fallu commencer nos déplacements à 4 h. Le fait que les entrevues avaient lieu tôt a aussi influencé la participation des prisonniers.
- Certains prisonniers n’étaient pas au courant des consultations. Ils ont affirmé que les établissements ne leur avaient pas transmis l’information. Par conséquent, plusieurs prisonniers qui auraient voulu participer n’étaient pas présents.
- Problèmes liés aux locaux ainsi qu’à l’équipement et interruptions.
- Plages horaires limitées dans certains établissements : nous devions accorder la priorité à certains thèmes, et les prisonniers de l’Établissement de Collins Bay n’ont pas eu assez de temps pour faire part de leurs expériences.
- La présence de plus de 10 gardiens de sécurité dans l’Établissement de Warkworth a créé une atmosphère inquiétante et intimidante.
Pour certains prisonniers, les consultations étaient difficiles d’un point de vue émotionnel et ont éveillé des traumatismes. Nous avons offert de l’aide et de l’information aux prisonniers et aux preneurs de notes.
Tous les prisonniers nous ont demandé de revenir leur présenter le rapport. Plusieurs mesures ont permis d’assurer le déroulement éthique du processus : anonymat, participation volontaire, droit d’ignorer certaines questions, données confidentielles, stockage sécurisé. En raison des politiques des établissements, les enregistrements étaient interdits; les notes ont donc été consignées à la main. Le rapport est divisé en sections thématiques : déterminants sociaux, services de police, tribunaux, professionnels de la justice, services correctionnels, réinsertion sociale, victimes d’actes criminels et immigration. Les consultations ont généré des observations importantes concernant les expériences et les recommandations des prisonniers noirs de l’Ontario.
- Date de modification :