Mesures suggérées
Les mesures ci-dessous ont été suggérées dans les discussions de groupe et les sondages en ligne menés auprès des personnes et des groupes noirs de part et d’autre de la province. Ces mesures sont ciblées, sociales, communautaires et systémiques.
(1) Mesures ciblées
- Les participants ont suggéré de créer, financer et soutenir une initiative pancanadienne spécialisée pour les jeunes noirs qui favorise les interactions positives, les interventions précoces et la citoyenneté patriotique afin de réduire les interactions avec le système de justice pénale.
- Les participants ont suggéré de créer et de mettre en œuvre une formation obligatoire à la compétence culturelle noire pour les employés du système de justice pénale (police, procureurs de la Couronne, juges, agents de la paix communautaires, agents de libération conditionnelle) afin de favoriser un changement culturel au sein du système à l’égard du profilage et des stéréotypes ethniques.
- Les participants ont suggéré de diversifier et d’améliorer la police communautaire et les initiatives de résolution de conflit et de justice réparatrice de rechange, en mettant l’accent sur la représentation noire dans l’administration de ces initiatives, afin de contribuer à réduire la surreprésentation des personnes noires dans le système.
- Les participants ont soutenu que la mise en œuvre de mesures visant à réduire la surreprésentation des personnes noires dans le système de justice pénale nécessite une coordination entre les intervenants du système et la communauté noire. Ces mesures comprennent des approches de rechange aux méthodes d’administration des infractions qui ont souvent des effets disproportionnés sur les personnes noires.
- Les participants ont suggéré d’établir, de financer et de soutenir des cliniques d’aide juridique pour les Noirs partout au Canada, en collaboration avec la communauté et des professionnels du droit noirs, afin de favoriser un accès amélioré équitable à une représentation et à des ressources juridiques adéquates. D’ailleurs, les participants ont souligné que l’aide juridique actuellement offerte ne tient pas compte de la vulnérabilité des personnes noires nécessitant des services juridiques.
(2) Mesures sociales
- Les participants ont suggéré de créer des parcours d’emploi spécialisés pour les professionnels noirs afin d’améliorer l’accès à des possibilités d’emploi et d’avancement équitables, de favoriser l’acceptation sociale des professionnels noirs et d’inspirer un sentiment d’appartenance chez ce groupe. Cette démarche prévoira le soutien des entreprises noires et la création d’outils et de processus pour éliminer les biais et la discrimination au sein du processus de recrutement.
- Les participants ont proposé d’accroître le financement des services et du soutien pour les nouveaux arrivants pour inclure les attentes sociales et l’éducation juridique, ce qui contribuera à minimiser les accusations de harcèlement sexuel, qui ont confronté de nombreux nouveaux arrivants au système judiciaire. Les participants ont mentionné plusieurs cas d’hommes nouvellement arrivés au pays qui ont été accusés de harcèlement sexuel en raison d’un manque de connaissances culturelles de leur nouvel environnement.
- Les participants ont suggéré d’accroître le financement des organismes dirigés par des Noirs afin d’aider les personnes noires à se sentir incluses dans leur collectivité sur le plan social, culturel et économique ainsi que d’améliorer la prestation des programmes et services sociaux qui leur sont offerts.
- Les participants ont suggéré de créer un cadre sur la santé mentale fondé sur la science et les données qui tient compte des dimensions historiques et culturelles des personnes noires au Canada afin d’offrir des ressources adaptées à la culture aux personnes noires souffrant de troubles mentaux qui doivent faire face au système de justice pénale.
- Les participants ont suggéré d’investir dans des programmes d’éducation qui fournissent aux jeunes noirs des occasions de s’épanouir, notamment des camps jeunesse et des possibilités de leadership, afin de renforcer la prévention et la gestion des crises chez les jeunes, d’encourager l’action civique et d’accroître la connaissance du système avant toute interaction avec celle-ci.
(3) Mesures communautaires
« Ma sœur est morte à cause d’un crime violent. L’agresseuse était blanche. Son cas a été suspendu sans même qu’elle aille en cour. »
- Les participants ont suggéré que la communauté noire se serre les coudes et tente d’établir un point de ralliement pour les causes noires dans la province et au-delà. Les participants étaient d’avis que la viabilité d’une stratégie en matière de justice pour les Noirs au Canada dépendait en grande partie de l’adoption d’une approche fondée sur la réflexion qui cerne les questions confrontant la communauté; évalue et réévalue les approches actuelles; et promeut la collaboration dans l’atteinte d’un but commun.
- Les participants ont suggéré de sensibiliser davantage la communauté à la santé mentale en promouvant les diagnostics précoces, en décourageant la stigmatisation, en démantelant certaines croyances relatives aux troubles mentaux, en favorisant le partage ouvert et sûr de connaissances, et en encourageant le soutien communautaire.
- Les participants étaient d’avis qu’une sensibilisation intracommunautaire devait avoir lieu pour que la communauté abandonne la mentalité de victime, malgré l’existence du racisme réel et perçu au sein du système de justice pénale et des autres systèmes plus vastes.
- Les participants ont souligné que les communautés noires devraient faire pression sur le gouvernement à différents ordres (municipal, provincial et fédéral) pour qu’il affecte plus de ressources aux membres de la communauté aux prises avec des obstacles sociaux supplémentaires, notamment les personnes ayant des problèmes de santé mentale, la communauté LGBTQ, les groupes confessionnels minoritaires et les réfugiés.
(4) Mesures systémiques
- Les participants ont recommandé de lutter contre le racisme systémique en utilisant une approche multisectorielle et multidimensionnelle qui intègre des services de bien-être, des mesures de soutien pour les nouveaux arrivants, des services à l’emploi et l’analyse comparative entre les sexes, bref, une approche de justice sociale qui tient compte de l’intersectionnalité au sein de la communauté noire et qui reconnaît que la vulnérabilité repose sur le positionnement défavorisé de l’identité d’un individu.
- Les participants ont suggéré que les gouvernements de tous les ordres sensibilisent activement et régulièrement le public à la culture, à la langue et à l’histoire des communautés noires en Saskatchewan et lui exposent en quoi ces groupes sont constamment représentés sous un éclairage négatif dans l’histoire. Certaines personnes ont dit que ces efforts de sensibilisation devaient entre autres servir à amener la communauté générale réticente à accepter la communauté noire comme faisant partie de la Saskatchewan. Ces interventions peuvent contribuer à réduire les faux rapports à la police, les faux témoignages et la perception générale que les personnes noires participent à des activités criminelles.
- Les participants ont recommandé de créer un organe rassembleur à l’échelle nationale semblable à la National Association for the Advancement of Colored People des États-Unis, ou un quelconque organisme comme l’ombudsman qui chapeauterait un cadre juridique et défendrait les intérêts des personnes noires au Canada dans l’élaboration de politiques.
- Les participants ont suggéré d’accroître le financement des recherches universitaires qui mobilisent les personnes noires au Canada et théorisent et réfléchissent en profondeur sur leurs expériences afin de générer des connaissances et des données qui favorisent l’avancement communautaire et éclairent l’élaboration de politiques.
- Les participants ont souligné l’importance d’institutionnaliser l’utilisation de déclarations des répercussions culturelles sur les personnes noires dans la détermination de la peine. En vertu de cette politique, les juges qui prononcent la peine devraient tenir compte des facteurs systémiques, du parcours du contrevenant et des procédures et sanctions appropriées dans les circonstances (une démarche semblable au rapport Gladue, visant la prise en compte des déterminants sociaux dans le cas d’un crime commis par un Autochtone).
- Les participants ont suggéré de recueillir des données désagrégées selon les origines ethniques et de les mettre à la disposition du public afin d’éclairer l’élaboration de politiques et de promouvoir la transparence et la responsabilisation au sein du système de justice pénale.
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