La Loi antiterroriste et les mesures de sécurité au Canada : opinions du public, répercussions et expériences de voyage

5. Résultats (suite)

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5.3 Profilage racial

La troisième section du sondage portait sur le profilage racial, étant donné que des recherches antérieures menées par le ministère de la Justice Canada sur les opinions au sujet de la Loi antiterroriste avaient révélé des préoccupations dans ce domaine. Plus précisément, certains craignaient que les dispositions de la Loi antiterroriste puissent avoir comme conséquence que des minorités visibles soient assujetties à un traitement injuste. Afin de vérifier ces préoccupations, on a inclus dans le sondage des questions générales relatives au profilage racial ainsi que des questions spécifiques concernant la Loi antiterroriste. Toutes les données relatives à cette section figurent au tableau 3 de l'annexe B.

Environ les deux tiers (69 %) des répondants ont dit qu'ils étaient « au courant » de ce qu'est le profilage racial. Lorsqu'on leur a demandé de décrire ce qu'est, selon eux, le profilage racial, 23 % des répondants ont dit qu'ils ne savaient pas. Près d'un cinquième (17 %) des participants ont décrit le profilage racial comme l'application de stéréotypes et 11 % ont dit qu'il s'agissait précisément du ciblage d'individus en fonction de leur race, de leur ethnicité ou de leur religion. Une plus forte proportion de participants non membres de minorités estimaient que le profilage racial pouvait être décrit comme l'application de stéréotypes, à comparer aux participants membres de minorités (18 % vs. 13 %).

Plus de la moitié (57 %) des participants ont affirmé correctement qu'il n'existait aucune politique officielle de ciblage d'individus en fonction de leur race au Canada. Une plus forte proportion de répondants non membres de minorités ont indiqué que le Canada n'avait pas de politique officielle de ciblage d'individus en fonction de leur race, à comparer aux répondants membres de minorités visibles (59 % vs. 51 %). Plus de la moitié (59 %) des répondants estimaient que faire enquête sur une personne pour un engagement potentiel dans une activité terroriste uniquement en fonction de sa race, de son ethnicité ou de sa religion était inapproprié, et la plupart des participants estimaient que le profilage racial allait à l'encontre des principes de la Charte canadienne des droits et libertés.

Plus des trois quarts (79 %) des personnes interrogées estimaient que les individus qui étaient ciblés à cause de leur origine ethnique ou raciale obtiendraient quand même un procès équitable au Canada, mais cette opinion était moins répandue chez les répondants membres de minorités visibles que chez les répondants non membres de minorités (71 % vs. 81 %). Comme on pouvait s'y attendre, une plus forte proportion des répondants qui s'identifiaient comme étant membres de minorités visibles pensaient avoir fait l'objet de profilage racial au cours des quatre dernières années, à comparer aux participants non membres de minorités (20 % vs. 6 %). Lorsqu'on leur a demandé dans quelle mesure le profilage racial est pratiqué de façon non officielle, 20 % des participants estimaient que cela se produisait « tout le temps » et 62 % estimaient que cela se produisait « parfois ». Il y avait des différences entre les deux groupes : 27 % des répondants membres de minorités visibles estimaient qu'il se faisait « tout le temps » du profilage racial de façon non officiel, à comparer à 18 % des répondants non membres de minorités (voir le graphique 3).

Lorsqu'on les a interrogés quant aux principales causes du profilage racial, 33 % des participants ont évoqué le racisme et les préjugés, 14 % pensaient que cela tenait à ce que certains groupes religieux ou ethniques étaient plus susceptibles de commettre des crimes, 13 % ont dit que cela découlait d'activités terroristes et 12 % estimaient que le profilage racial était causé par la peur. Une plus forte proportion de répondants membres de minorités visibles estimait que le profilage racial résultait du racisme et des préjugés (37 % vs. 32 %). Inversement, les répondants non membres de minorités étaient plus susceptibles que les répondants membres de minorités visibles de dire que le profilage racial tenait à ce que certains groupes religieux ou ethniques étaient plus susceptibles de commettre des crimes (17 % vs. 8 %). Enfin, de plus fortes proportions de répondants non membres de minorités estimaient que les activités terroristes étaient la cause du profilage racial, à comparer aux répondants membres de minorités visibles (14 % vs. 9 %).

Graphique 3 : (Q.30) Au Canada, il n’existe pas de politique officielle de profilage racial ou de ciblage d’une personne à cause de son origine ethnique, religieuse ou raciale. À votre avis, dans quelle mesure se fait-il de même du profilage racial, de façon non officielle ?

Graphique 3 : (Q.30) Au Canada, il n’existe pas de politique officielle de profilage racial ou de ciblage d’une personne à cause de son origine ethnique, religieuse ou raciale. À votre avis, dans quelle mesure se fait-il de même du profilage racial, de façon non officielle ?

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