Recommandations
Les solutions possibles que nos participants ont proposées au sujet des divers thèmes sont présentées ci-dessous. Comme on peut le constater, dans l’ensemble, nos participants ont accepté toutes les recommandations présentées dans le cadre de la Stratégie en matière de justice pour les personnes noires.
Déterminants sociaux de la justice
- Reconnaître et accepter que la plupart des institutions actuelles, notamment la police, la justice, la santé et l’éducation, ont été fondées sur le racisme et le colonialisme. Ensuite, travailler à réformer toutes ces institutions en mobilisant de façon significative les personnes noires, autochtones et de couleur dans la création d’institutions justes et favorables à l’équité.
- Réformer l’éducation pour promouvoir un accès et des mesures de soutien équitables pour les personnes noires. De plus, promouvoir les histoires, les innovations et les cultures des personnes noires dans les programmes scolaires canadiens à tous les niveaux.
- Investir dans des ressources et des mesures de soutien adaptées en matière de santé mentale pour les personnes noires qui ont pour objectif principal d’aider les personnes à prospérer dans une société où de multiples facteurs les oppriment.
- Avoir des services de santé mentale, d’orientation professionnelle et de counseling sur la vie ou un service de soutien à l’intérieur et à l’extérieur des écoles adapté pour répondre aux besoins des élèves noirs et qui sont dirigés par des personnes noires. Il est plus facile pour les jeunes d’avoir accès à des groupes de mieux-être mental situés dans les écoles, plutôt que de s’attendre à ce qu’un parent s’absente du travail pour emmener son enfant chez un évaluateur ou un spécialiste.
- Faire appel à des professionnels noirs pour sensibiliser les parents noirs à la santé mentale et émotionnelle, et aider leurs enfants en matière de bien-être mental et émotionnel.
- Lorsque des problèmes ou des risques liés à l’éducation parentale sont cernés chez les jeunes noirs, offrir l’option où les spécialistes noirs peuvent travailler avec le parent et l’enfant à la maison. Les services de protection sociale doivent accorder la priorité au soutien dont le parent a besoin plutôt qu’à l’approche rigide consistant à séparer les enfants noirs de leur foyer. Le fait que les familles puissent passer du temps ensemble pourrait être un antidote pour réduire la possibilité d’affiliation à un gang et de criminalité.
- Fournir des ressources financières stables, adéquates et durables aux groupes et organismes communautaires dirigés par des personnes noires et destinées aux personnes noires. Ces organismes connaissent les membres de leur communauté, ont une relation avec eux et peuvent effectivement aider les personnes noires en leur offrant diverses formes de soutien, notamment en établissant des liens entre eux et les services et les ressources et en leur offrant une éducation. Le financement doit être, par exemple, un ensemble garanti de financement de base de cinq ou dix ans, de sorte que ces organismes n’auront pas à se demander s’il y aura ou non un financement au moment de la conception et de la mise en œuvre de programmes à moyen et à long terme qui répondent aux besoins des membres de leur communauté.
- Le gouvernement devrait appuyer la création de lieux physiques (en plus d’une présence en ligne) qui servent de centre de promotion des cultures noires. Ces endroits pourraient offrir aux personnes noires des endroits où se connecter et aussi servir d’espace pour que les personnes qui ne sont pas noires viennent s’informer sur les cultures, les valeurs noires et la noirceur en général.
- Les gouvernements fédéral et provinciaux doivent s’assurer que les attestations et les titres professionnels obtenus à l’extérieur du Canada peuvent être reconnus ici sans qu’il y ait de sérieux coûts de conversion et de retards. Cela signifie que les immigrants noirs peuvent être intégrés plus rapidement à l’économie canadienne et de manière significative, de sorte que les difficultés économiques ne placent pas les immigrants noirs dans des situations à risque qui pourraient impliquer les systèmes pénal et de justice. Les voies de l’intégration économique devraient comprendre des bourses et des stages dédiés aux étudiants et aux diplômés noirs.
Services de police
- Recruter une masse critique de personnes noires dans la GRC et d’autres corps policiers. La priorité doit être accordée au traitement de cette question à l’aide de ressources dédiées et elle doit faire partie des mandats des dirigeants de la police.
- Promouvoir un processus d’embauche et de formation qui est axé sur l’équité et la communauté et qui tient compte des différents enjeux.
- Des exigences préalables aux cours doivent être exigées des personnes qui tentent d’exercer des activités policières par l’entremise du Justice Institute de la Colombie-Britannique pour suivre des cours d’un semestre sur la lutte contre le racisme.
- Faire participer les communautés noires aux processus d’embauche. Cela inclut le recours actif aux dirigeants et organisations de la communauté noire pour encourager les membres de leur communauté à se joindre au service de police, ainsi que la participation à des comités d’entrevue.
- En ce qui concerne les questions d’entrevue, il doit y avoir des questions précises qui obligeraient les candidats à comprendre certains éléments de compétences culturelles.
- Promouvoir la transition vers la police communautaire au niveau local et au niveau de la GRC.
- Promouvoir une formation particulière pour les policiers et les agents correctionnels sur la désescalade des situations potentiellement conflictuelles avec les PANDC.
- Mettre en œuvre des normes, des procédures et des conséquences transparentes et claires pour les comportements racistes des policiers.
- Investir dans les programmes communautaires de prévention de la violence, comme le mentorat des jeunes et les initiatives de justice réparatrice.
- Investir dans une mobilisation communautaire positive. Encourager la participation de la police à des activités communautaires officielles et occasionnelles et à la socialisation pour établir des relations amicales avec les communautés noires.
- Le Greater Victoria Police Diversity Advisory Committee constitue un bon modèle qui réunit un comité civil composé de représentants de divers groupes pour fournir des conseils à la police sur des questions en matière d’équité. Ce modèle doit être mis à l’échelle de la province et au-delà.
- Financer la mise sur pied d’une association de police noire dont tout policier noir pourrait faire partie, de partout dans la province et le pays. Les membres auraient une communauté pour obtenir l’appui de ceux qui comprennent les dangers de travailler dans une institution qui a tendance à être raciste. De plus, le groupe peut alors recevoir les ressources nécessaires pour appuyer le perfectionnement professionnel de ses membres en vue d’assumer des rôles de leadership.
Tribunaux et lois
- Investir dans des programmes spécialisés visant à augmenter le nombre d’avocats et de juges noirs à court et à moyen termes. Cela pourrait se faire grâce à des bourses spécialisées destinées aux étudiants noirs en droit, comme cela a été récemment créé à l’UBC. De plus, il doit y avoir un ciblage, un perfectionnement et une sélection délibérés d’avocats noirs et d’autres personnes possédant une expérience pertinente pour agir à titre de juge.
- Financer l’établissement et la gestion de programmes qui favorisent l’accès à des soutiens efficaces dans le système de justice pour les personnes noires qui en ont besoin. Il faut sensibiliser davantage en partenariat avec les organisations dirigées par les personnes noires et même les universités (beaucoup de personnes noires viennent à la C.-B. à titre d’étudiants). Dans ce domaine, l’accent doit également être mis sur la fourniture de renseignements permettant d’apprécier les droits, les responsabilités et les moyens de demander justice.
- Les communautés noires de la C.-B. ont besoin de leurs propres cliniques juridiques adaptées, qui seraient également dotées d’une équipe chargée des traumatismes et de la santé mentale. Ces cliniques doivent être dirigées par des avocats noirs, des étudiants noirs en droit et des spécialistes noirs en matière de santé mentale, car ils connaissent mieux leur communauté. La Clinique juridique africaine canadienne de l’Ontario était l’un de ces services et modèles.
- L’accès au soutien à la justice et à l’aide juridique doit être étendu au-delà des personnes qui répondent aux « normes » de pauvreté. Les personnes noires doivent toujours avoir la possibilité d’avoir accès à un soutien adapté et adapté à leur culture une fois qu’ils ont des démêlés avec les tribunaux et les organismes d’application de la loi.
- Il existe des politiques pour orienter la lutte contre le racisme et les plaintes de racisme dans le secteur public et privé ainsi que dans la communauté. Il faut imposer des sanctions pour les préjudices et la violence raciste, qu’il s’agisse de violence physique, psychologique, émotionnelle ou mentale.
- Appuyer et financer des organismes communautaires noirs afin de mettre sur pied un programme qui fournit une aide ou qui aide à trouver une garantie pour le cautionnement des personnes noires qui en ont besoin. Pour ceux qui ne peuvent pas fournir de garantie, l’organisme communautaire pourrait leur fournir une libération. La personne rendrait ensuite compte à la communauté et serait supervisée par celle-ci. Cela permet de s’assurer que ces personnes ne restent pas inutilement en détention jusqu’à leur procès.
- Promouvoir le Plan d’action de lutte contre le racisme de la maternelle à la 12e année auprès de tous les intervenants pertinents et mettre en œuvre ses dispositions dans toutes les écoles de la maternelle à la 12 ᵉ année.
- Le gouvernement provincial et les législateurs doivent veiller à ce que le projet de loi de lutte contre le racisme soit adopté rapidement. Ils doivent veiller à ce que la Loi prévoie une position sans équivoque contre le racisme et consacre des sanctions appropriées pour le racisme ainsi que des processus de responsabilisation transparents.
- La province doit fournir des ressources dédiées pour recruter et soutenir des professionnels noirs afin qu’ils assument des rôles stratégiques et d’élaboration de lois, ainsi que des rôles de gouvernance et de surveillance.
Services correctionnels
- Intensifier la formation sur le racisme anti-noir et la sensibilité culturelle à l’intention des agents correctionnels et des autres membres du personnel des établissements correctionnels.
- Instituer des programmes internes qui offrent un soutien spécialisé en santé mentale aux Noirs dans les établissements correctionnels. L’élaboration et l’exécution de tels programmes doivent faire appel à des spécialistes noirs.
- Financer des programmes par des organisations noires qui offrent des services de visites et d’autres services de soutien aux personnes noires dans les établissements correctionnels.
- Financer des programmes par des organisations noires qui offrent des services de soutien continus et périodiques juridiques et en matière de santé mentale aux personnes noires dans les établissements correctionnels.
- Consacrer des ressources précises au recrutement de personnes noires d’une masse critique pour occuper des postes d’agent et d’autres rôles de personnel dans les établissements correctionnels.
- La formation sur le recours à la force en C.-B. pour tous les agents doit mettre l’accent sur les dimensions de la sensibilité culturelle et de l’empathie.
Réintégration et réinsertion
- Éliminer les frais de radiation du casier judiciaire lorsqu’une personne a déjà été acquittée et lorsqu’il ne s’agit pas d’une infraction grave.
- Créer des possibilités économiques et éducatives pour les jeunes Noirs qui quittent le système de justice afin d’appuyer leur réintégration réussie dans la société et de réduire les taux de récidive.
- Fournir des conseils aux jeunes qui peuvent remédier à leur casier judiciaire.
- Offrir un soutien ou soutenir la prestation d’un soutien spécialisé en matière de santé mentale aux personnes noires qui se réintègrent à la société. Ce soutien doit être conçu et mis en œuvre par des spécialistes noirs en matière de santé mentale.
- Appuyer les organismes communautaires dirigés par des personnes noires et qui servent des personnes noires afin d’inciter leurs membres à éliminer les stigmates et les stéréotypes visant les personnes qui ont déjà été incarcérées.
- Financer des spécialistes et des organismes communautaires noirs afin d’offrir un soutien dédié aux personnes aux prises de la toxicomanie lorsqu’elles se réintègrent à la société.
Victimes et survivants d’actes criminels
- S’assurer que les victimes et les survivants noirs sont en mesure de tourner la page en imposant des responsabilités et des peines aux délinquants.
- Élargir le concept de justice au-delà de la peine pour les délinquants en fournissant en outre un soutien en matière de santé mentale et émotionnelle aux victimes et aux survivants noirs pendant les instances et après le jugement.
- Le concept de justice pour les victimes.
- Financer une ressource agissant à titre d’agent de liaison noir semblable aux Services aux victimes qui travaille avec la police et la couronne pour aider les victimes à naviguer dans le système de justice pénale.
- Approfondir la sensibilité culturelle des Services aux victimes, y compris offrir la possibilité de parler à une personne noire, dans une langue qu’elle connaît, si elle le souhaite.
- Garantir la sécurité des appelants, surtout lorsqu’ils signalent des incidents concernant les domaines de la médecine, de l’éducation et des services de police.
Conséquences en matière d’immigration pour les non-citoyens reconnus coupables d’un crime (expulsion)
- Concevoir des programmes d’éducation relatifs à la justice destinés aux immigrants noirs. Il s’agirait notamment d’une éducation portant principalement sur les droits et la procédure régulière.
- Financer et mobiliser les organismes communautaires pour établir des liens permettant aux immigrants noirs à avoir accès gratuitement aux conseils juridiques préliminaires.
Collecte de données
- Appliquer l’Anti-Racism Data Legislation pour recueillir des données sur les écarts raciaux relatifs à ce qui suit :
- Le personnel des services de police et du service correctionnel (ainsi que pour la direction et les conseils)
- La dotation des juges et des avocats
- Ciblé les arrêts, le fichage, les arrestations et les détentions par la police
- La répartition des prisonniers et des récidivistes
- Les agresseurs racistes et les cibles du racisme.
- Faciliter l’accès aux bases de données pour tous les membres de la communauté.
- S’assurer que les données publiées sont accompagnées de récits qui mettent en évidence les causes structurelles ou les sources des tendances observées.
- Faire en sorte que les procédures et les mécanismes de responsabilisation concernant les plaintes de racisme contre les policiers et les agents correctionnels soient transparents, ainsi que les données sur les agents qui ont été sanctionnés.
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