Conclusion

« Ce sont de bonnes recommandations, mais elles doivent être orientées vers l’action. Le racisme envers les Noirs et l’héritage de l’esclavage sont très évidents dans notre système. Cela nécessite un engagement et un investissement véritables. »

L’engagement solide que nos consultations ont suscité auprès des communautés noires de l’Alberta témoigne d’un investissement notable d’attention, d’examen, et surtout, d’espoir, visant à aider la Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires à atteindre son objectif. On ne peut plus faire abstraction du tort que le Canada fait aux communautés noires. À ce titre, la Stratégie représente un moyen important d’aboutir à un traitement équitable de ces communautés dans le système de justice pénale.

Le présent rapport présente les principaux résultats découlant des consultations menées auprès d’un vaste éventail de personnes et d’organisations au service des communautés noires de l’Alberta. Les observations présentées dans le présent rapport découlent de l’analyse de 13 groupes de discussion comprenant 141 personnes et de 98 réponses à un sondage en ligne. Les consultations ont été menées dans le but de comprendre dans quelle mesure les communautés noires de l’Alberta souscrivaient aux recommandations de la Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires. Les principales conclusions des consultations sont les suivantes :

  1. Les recommandations de la Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires constituent une mesure positive pour corriger les iniquités auxquelles sont confrontés les Noirs de l’Alberta au sein du système de justice.
  2. Les participants se sont surtout intéressés au pilier des déterminants sociaux de la justice et l’ont considéré comme un élément fondamental pour s’attaquer aux causes profondes de la surreprésentation des Noirs dans le système de justice pénale.
  3. Pour en assurer l’efficacité, les recommandations de la Stratégie canadienne en matière de justice pour les personnes noires doivent être accompagnées d’un plan d’action, d’un échéancier et de critères clairs pour mesurer sa réussite.
  4. En ce qui concerne les services correctionnels, il faudrait accorder une attention accrue à l’amélioration des soins en établissement pour les détenus noirs.
  5. Il reste du travail à faire pour faire mieux connaître les EIOEC et accroître leurs effets dans le système de justice pénale.
  6. Il conviendrait de mettre en place des normes et des conséquences claires à l’égard des comportements racistes de la part des policiers.

Dans le cadre de notre approche méthodologique, nous avons cherché à mettre au jour des données nuancées qui soulignent les particularités du contexte albertain. Par conséquent, nous avons entendu des commentaires importants de la part des participants sur la façon de mieux faire connaître les EIOEC dans les Prairies canadiennes et de renforcer les capacités des organisations et des personnes qui les préparent. Toutefois, au-delà de ces mesures, les connaissances à ce chapitre étaient limitées. Les participants ont souvent fait remarquer que les problèmes qui affligeaient les communautés noires de l’Alberta n’étaient pas nouveaux, mais que ceux-ci reflétaient les expériences vécues par d’autres communautés noires au Canada et à l’étranger. Comme l’a souligné un participant, « le racisme envers les Noirs est un problème mondial ».