Conclusion

Les séances de mobilisation organisées dans la région d’Ottawa-Gatineau ont permis de mettre au jour de nombreuses idées prometteuses pour lutter contre le racisme envers les personnes noires dans le système judiciaire canadien et de valider les recommandations existantes visant à améliorer l’accès à la justice pour les personnes noires.

Les participants ont indiqué que de nombreuses recommandations du cadre ne sont pas nouvelles et devraient déjà être mises en œuvre. Ils ont reconnu que les diverses communautés noires s’efforcent depuis des décennies d’établir de meilleures relations avec la police. Les participants ont souligné l’importance de relever les difficultés socioéconomiques auxquelles sont confrontées les communautés noires, notamment des difficultés d’accès au logement, des possibilités d’emploi réduites, un accès limité aux soins de santé et d’autres déterminants sociaux de la justice. L’investissement dans des mesures de justice alternative, y compris la justice réparatrice, pourrait contribuer à réduire la surreprésentation de la population noire parmi les personnes accusées et incarcérées. Il a également été suggéré d’envisager des approches novatrices en matière de justice, notamment en élargissant la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents pour inclure les personnes jusqu’à l’âge de 24 ans.

Les préjugés raciaux, les suppositions concernant la fiabilité et les mentalités discriminatoires érodent la confiance des communautés noires à l’égard du système judiciaire. Si leur confiance est minée, les communautés noires continueront à percevoir le système judiciaire comme un outil d’oppression et d’exclusion. L’obligation de rendre des comptes, assortie de mesures conséquentes, est nécessaire pour que puisse s’opérer un changement systémique dans le système judiciaire.

Les communautés noires de la région d’Ottawa-Gatineau craignent que la collecte de données ne soit utilisée pour criminaliser les communautés noires plutôt que pour améliorer l’accès à la justice. On craint également que les retards dans la collecte des données ne servent d’excuse à l’inaction. Il est urgent de réparer les erreurs d’un système judiciaire qui, bien trop souvent, nuit aux personnes noires au lieu de les protéger.

Jaku Konbit est honoré d’avoir eu l’occasion de contribuer à la mobilisation des communautés noires dans la région de la capitale nationale. Les activités de mobilisation ont permis de recueillir des renseignements précieux. Il est temps que le ministère de la Justice Canada donne suite aux témoignages ainsi recueillis. Les communautés noires sont déterminées et prêtes à voir des changements positifs. Plus important encore, elles s’attendent à être incluses dans le processus. Rien pour nous sans nous.