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Déterminants sociaux de la justice

La majeure partie des participants et participantes ont mentionné les facteurs socio-économiques et raciaux comme des éléments qui augmentent leurs interactions avec le système de justice, mais le fait d’être noir semble être le facteur prépondérant dans leurs interactions avec la police et le système de justice. Les participants ont également souligné le rôle important que jouent les déterminants sociaux de la justice dans leur vie quotidienne et ont parlé à maintes reprises du manque de possibilités d’éducation et d’emploi pour les communautés noires et de la manière dont cela les contraint à avoir de faibles revenus et à vivre dans des logements inadéquats.

Par ailleurs, les participants ont expliqué comment le racisme envers les personnes noires se manifeste dans les politiques et les pratiques des écoles, du logement, de l’emploi, de la santé, de la protection de l’enfance et du système de justice. Certaines personnes ont fait part d’expériences illustrant les attitudes, les préjugés et les discriminations dont elles ont été la cible. Les expériences partagées révèlent que le racisme envers les personnes noires se manifeste par des préjugés inconscients et conscients de la part des personnes et des institutions (par exemple, dans les domaines de la santé, du logement, de l’éducation, de l’emploi, de la justice et des services policiers, etc.) Ces expériences sont inextricablement liées et alimentent le cercle vicieux qui empêche les membres des communautés noires de participer activement à la vie de la société canadienne.

Certaines personnes ont également précisé que les disparités auxquelles elles sont confrontées au quotidien sont profondément enracinées et de nature systémique et qu’elles contribuent aux interactions avec le système de justice. Pour d’autres, le problème commence dans l’éducation. Une participante a déclaré, « L’école a eu des conséquences parce que je me sentais moins intelligente en raison de mon statut social, même si j’aidais les autres enfants. C’est moi qui me retrouvais avec des notes plus basses, comme si c’était moi qui trichais ». Un autre participant a parlé des préjugés et du traitement injuste dont sont victimes les élèves noirs :

« Si deux élèves se battent, l’élève noir subira plus d’injustices et toute la responsabilité lui sera imputée. C’est là que commence l’adversité. »

De même, un autre participant raconte : « On me mettait automatiquement dans une classe pour les troubles du comportement lorsque je n’étais pas d’accord avec quelque chose. On me considérait comme un rebelle ». Les parents noirs font confiance aux enseignants et aux enseignantes et pourtant leurs enfants rencontrent de nombreux problèmes qui nuisent à leur estime personnelle et à leur confiance en soi. Cela conduit à une marginalisation accrue à l’école, où les travailleurs sociaux et travailleuses sociales ainsi que les conseillers et conseillères en orientation ne parviennent pas à soutenir les parents et leurs enfants. Ces éléments jouent un rôle important dans leur interaction avec le système de justice par la suite, où le système scolaire agit comme une passerelle entre l’école et la prison.

Les expériences difficiles que les participants ont rapportées témoignent du fait que leur interaction avec le système de justice est le point culminant du racisme envers les personnes noires, de la discrimination et de l’exclusion des occasions au quotidien. Les commentaires de certains participants illustrent ce point :

« Un participant partage l’expérience d’un adolescent noir - Alors qu’il va innocemment à l’école, la police dit à un adolescent noir : Vous devez être en train de tirer dans votre école. »

« Une participante raconte l’expérience de son jeune fils qui s’est disputé avec sa sœur et qui a appelé le 911. La police frappe à la porte et un policier blanc bouscule la mère (enceinte à l’époque) et l’escorte pour qu’elle se change pendant qu’il la regarde. Pendant qu’elle se changeait, les enfants ont été emmenés hors de la maison. »

« Un participant raconte l’expérience d’adolescents noirs à qui l’on a demandé de se mettre à genoux, de se faire fouiller et d’être arrêtés. La police n’a cessé de répéter : Ces singes causent toujours des problèmes. »

Services policiers

La réponse écrasante des divers participants relative à leur interaction avec la police est que celle-ci est caractérisée par la marginalisation et l’oppression. Les participants ont le sentiment que la police utilise souvent son pouvoir pour discriminer et abuser au lieu de les protéger en tant que Canadiens ou résidents. Ils se sentent souvent ignorés ou, pire, victimes de brutalités policières et estiment que la police est souvent à l’origine de l’interaction. Par exemple, quelques- uns ont indiqué que la police les avait arrêtés alors qu’ils conduisaient et qu’il n’y avait pas d’autre raison que le fait qu’ils « conduisaient en étant noirs ». Un participant a confié que la police l’avait arrêté parce qu’il vivait dans un quartier majoritairement blanc. D’autres ont ajouté : la police les a arrêtés parce qu’ils correspondaient à l’identité d’un suspect, et ce même lorsqu’ils allaient à l’école.

Dans toutes les situations décrites par les participants, la police ne s’est jamais montrée courtoise et prévenante dans ses interactions avec les membres des communautés noires. Malgré les expériences négatives, les participants s’attendent à ce que la police les traite et les aborde avec respect, leur explique la raison de leur interpellation et fasse preuve de bon sens lorsqu’il s’agit de délits mineurs, en particulier avec les jeunes. Toutefois, presque tous les participants ont mentionné avoir été malmenés, avoir reçu des coups de poing, avoir été plaqués contre un mur et avoir fait l’objet d’insultes racistes. Un participant a fait part de l’expérience de jeunes Noirs qui ont été interpellés sans raison, fouillés, arrêtés et qui ont reçu des insultes racistes. Une autre participante a raconté l’expérience de son frère : la police lui a demandé d’enlever son chandail à capuchon parce qu’il habite dans un quartier majoritairement blanc. Il a été interrogé dans le cadre d’une enquête en cours. Les policiers ont essayé de lui arracher une réponse, lui ont donné un coup de poing au visage, l’ont attrapé par le cou et l’ont plaqué contre un mur en béton. Il a été blessé à la mâchoire. Il avait 17 ans. Deux participants ont fait part d’expériences comparables : ils ont été arrêtés alors qu’ils étaient au volant. Il n’y avait aucune raison apparente de les arrêter. L’expérience de l’un a été plus pénible que celle de l’autre. Le participant conduisait de nuit et a été arrêté par la police près de son domicile. Il a été interrogé au sujet d’une activité suspecte qui ne le concernait pas. Il voulait appeler son père, mais la police ne l’a pas laissé faire.

Il n’est pas difficile de voir, à partir des expériences racontées par de nombreux participants, un mode de comportement de la police qui n’est pas conforme à la devise « servir et protéger ». Les expériences partagées sont troublantes et brossent un tableau sombre. Il est troublant de constater que les interactions des divers participants avec la police sont presque identiques et peuvent être résumées comme suit : la police arrête des membres des communautés noires sans raison apparente et les membres des communautés noires subissent des interrogatoires, un manque de respect, des insultes et de mauvais traitements.

Les participants ont également souligné la présence de racisme envers les personnes noires dans les interactions quotidiennes avec les Canadiens et les Canadiennes. Ces expériences reflètent les croyances, les stéréotypes et les attitudes sociales issues du colonialisme. Dans ces interactions, ils ont fait l’objet de préjugés et ont été considérés avec suspicion. Une expérience vécue par une participante illustre de manière frappante le racisme envers les personnes noires. La rencontre a eu lieu dans une lunetterie, où elle est allée chercher ses lunettes de vue. Le vendeur a menacé d’appeler la police pour un problème mineur. Lorsque les forces de l’ordre sont arrivées, elles se sont rangées du côté du vendeur. La police lui a demandé de quitter le magasin sans entendre sa version des faits. Craignant d’être arrêtée devant son fils, elle a quitté les lieux. D’autres ont fait part de rencontres semblables où la police a cru l’autre partie sans mener une véritable enquête. Les participants ont également parlé de l’anxiété ressentie lors des interactions avec la police. Par exemple, certaines personnes ont expliqué qu’elles devaient avertir leurs enfants d’être très vigilants lorsqu’ils sortaient des magasins ou qu’ils y entraient, simplement parce qu’ils étaient noirs.

Les participants ont en outre parlé des expériences traumatisantes qu’ils ont vécues en interagissant avec la police, et notamment de leurs répercussions sur leur santé mentale. Ils ont expliqué comment les interactions avec la police ont traumatisé leurs enfants, et profondément perturbé leur comportement. Par exemple, un participant a décrit un incident traumatisant au cours duquel la police a pénétré de force dans sa maison la nuit et a fouillé les jeunes qui vivaient dans le sous-sol. La police les a traités, eux et leurs enfants, de manière irrespectueuse. L’incident les a tous profondément traumatisés. Les participants ont le sentiment que ces expériences marquées par la marginalisation et le traumatisme ne sont pas suffisamment évoquées et que la société dans son ensemble n’est pas sensibilisée à ces interactions difficiles entre les membres des communautés noires et les forces de l’ordre.

Certains participants ont fait part de leur point de vue concernant l’amélioration des relations avec la police. Ils se sont efforcés de réfléchir aux moyens d’améliorer les relations à partir de leurs expériences, dans lesquelles les officiers de police sont connus pour faire un usage excessif de la force, causant des dommages physiques et des blessures. L’usage excessif de leur pouvoir entraîne souvent une violation de la Charte des droits et libertés de la personne. Ces expériences difficiles entravent la réflexion sur les moyens d’améliorer les relations. Les participants estiment qu’il existe un énorme « déficit de confiance » entre la police et les membres des communautés noires et considèrent les efforts, tels que la police de proximité, comme des instruments de contrôle et de division de la communauté.

Par exemple, un participant a dit : « Ils [la police] font semblant d’être amicaux ».

Un autre participant a fait remarquer : « Ils [la police] utilisent les gens comme informateurs, montant les membres de la communauté les uns contre les autres ».

Les expériences d’interaction avec la police que les participants ont partagées sont cohérentes avec les études et les données citées dans le cadre de travail - les participants ont exprimé une vision négative de la police et beaucoup ont indiqué qu’ils avaient été victimes de violences policières.

Tribunaux

Pour la plupart, les participants ont décrit leurs expériences auprès des tribunaux comme étant désagréables et frustrantes. Ils avaient l’impression que les juges et les avocats ne les traitaient pas équitablement et ne tenaient pas compte de leurs intérêts dans le cadre du processus judiciaire. Par exemple, un participant a trouvé la procédure de mise en liberté sous caution brutale et s’est senti pris au piège quand on lui a demandé de mettre un bracelet électronique à la cheville. Cela n’a pas fonctionné et la personne s’est retrouvée à nouveau devant le tribunal un mois plus tard. Un autre participant a confirmé que le bracelet électronique était un obstacle et qu’il lui donnait l’impression d’être éloigné de sa communauté. Cela lui a créé des barrières. En outre, les participants estiment que la procédure judiciaire est plus sévère à l’égard des membres des communautés noires.

Les participants considèrent qu’il existe une différence en matière de libération sous caution entre les différentes races et que les membres des communautés noires reçoivent des peines plus sévères que les membres d’autres races qui commettent des délits plus graves. Par exemple, un participant a déclaré : « J’ai fait l’objet d’une interdiction d’armes x 3 pour des accusations liées à la drogue et j’ai fini en prison pour une arme à balles. Je me bats actuellement pour obtenir une libération sous caution. » Les participants ont également estimé qu’il existe des disparités raciales en matière de représentation juridique et sur le plan des résultats, car les obstacles financiers rendent difficile l’accès à des avocats chevronnés capables de bien les représenter et de se battre pour leur cause jusqu’à la fin. Par exemple, un participant a raconté comment les avocats de l’aide juridique ont essayé de le persuader de plaider coupable au lieu de se battre.

Services correctionnels

Pour la plupart, les participants ont décrit leurs expériences en milieu correctionnel comme étant désagréables. Ils ont fait part d’expériences de discrimination, de stéréotypes et de préjugés raciaux. Ils ont parlé du déséquilibre de pouvoir qui existe en milieu correctionnel, comme en témoignent les railleries et les provocations adressées aux détenus par les agents correctionnels. Les actions des agents correctionnels et des adjoints suggèrent qu’ils sont au-dessus des détenus et ils emploient un langage dur et désobligeant qui donne aux détenus l’impression d’être marginalisés. Les participants ont également relevé le peu de soutien apporté aux détenus pour qu’ils acquièrent des compétences dans des domaines qui les aideraient à se réinsérer avec succès après l’incarcération.

Réinsertion sociale

Les participants ont parlé de plusieurs obstacles et défis auxquels ils sont confrontés lors de leur réinsertion dans la société. Ils ont trouvé que les étiquettes, la stigmatisation liée au fait d’être étiqueté comme délinquant et d’autres barrières culturelles étaient difficiles à surmonter. Ces étiquettes restent souvent collées, ce qui les empêche de tourner la page et d’aller de l’avant. D’autres ont également mentionné les difficultés à surmonter les traumatismes et les expériences qu’ils ont vécus pendant l’incarcération, ce qui réduit considérablement leur confiance en eux et leur bien- être mental. Cette situation entraîne souvent une augmentation des problèmes de santé mentale, du stress et de la stigmatisation. D’autres personnes ont précisé que le stress et la stigmatisation auxquels elles sont confrontées proviennent parfois de leur système de soutien et contribuent à les isoler de leur communauté et de leurs systèmes de soutien. Les participants ont également parlé des effets du manque de soutien adéquat sur la réussite de la réinsertion. L’absence de recommandations au moment de la libération et l’incapacité à s’orienter dans le système compliquent encore la réinsertion. Certains participants ont ajouté qu’il n’y a souvent pas de plan de sécurité en place. Il en résulte un isolement par rapport aux proches et aux systèmes de soutien, ce qui rend la réinsertion plus difficile.

Cela peut retarder la réinsertion et potentiellement conduire à des récidives. Par exemple, un participant a fait part d’une expérience qui illustre ce point :

« J’ai une amie qui a vécu une situation déchirante avec son fils. Il devait sortir de prison, ce qui laissait entrevoir une lueur d’espoir pour sa réinsertion dans la société. Cependant, après sa libération, il a eu une altercation avec un agent de probation qui a dégénéré, ce qui l’a finalement conduit à avoir des démêlés avec le système de justice après une confrontation avec la police. »

Les participants ont souligné que la réinsertion est un combat difficile et qu’elle l’est encore plus en raison des lacunes en matière de programmes et de ressources efficaces disponibles au sein des institutions avant la libération de l’incarcération. Ils ont mentionné le rôle important que peut jouer la défense des droits dans le processus de réinsertion et ont souligné l’importance de fournir un soutien et des conseils tenant compte des réalités culturelles. Ils ont également fait valoir le rôle essentiel des travailleurs en réinsertion dans la prestation de soutien, notamment en ce qui concerne le logement, la santé mentale, l’emploi et la sécurité alimentaire.

Dans l’ensemble, les participants ont souligné que le poids du casier judiciaire, les barrières culturelles et la stigmatisation associée au passé criminel rendent une réinsertion réussie très difficile pour les membres des communautés noires. En particulier, ils ont souligné que les casiers judiciaires constituent des obstacles importants pour les jeunes, qui manquent de conseils et de soutien dans leurs efforts pour naviguer avec succès sur le chemin difficile de la réinsertion.

Victimes d’actes criminels

Certains participants ont parlé de leur expérience en tant que victimes ou témoins d’actes criminels comme d’une expérience collective ayant une incidence non seulement sur les personnes, mais aussi sur l’ensemble de la communauté. Par exemple, un participant a déclaré : « Au sein de notre communauté, nous avons tous été victimes et témoins d’actes criminels. » Une autre participante a ajouté : « En tant que collectivité, nous avons enduré la perte de trop de jeunes âmes, et nous sommes encore en train de vivre cette douleur, qui n’est souvent pas reconnue. » D’autres participants ont également parlé d’expériences particulières de victimisation qu’ils ont vécues ou qui ont été vécues par d’autres. Un participant a parlé d’un parent dont le fils, connu pour être un garçon doux, a reçu une balle dans la tête et dans l’épaule. La police s’est rendue sur les lieux, mais la justice n’a pas encore été rendue. Elle [la police] est présente sans pour autant rendre justice aux victimes noires et a ajouté : « Consultez le site Web du service de police de Toronto et vous verrez tous les meurtres non élucidés de jeunes hommes noirs. » Un autre participant a parlé de trois personnes abattues et qui n’avaient jamais eu de démêlés avec la justice et a demandé : « Où les parents de ces enfants peuvent-ils trouver des responsables? » Il s’agit d’expériences éprouvantes qui ont traumatisé des personnes, des familles et des communautés.

En outre, les participants ont parlé du manque de soutien pour les personnes qui ont été victimes ou témoins d’un acte criminel. Ils ont également signalé l’existence d’un manque important de services et de ressources en matière de soutien émotionnel dans les communautés noires. Par exemple, un participant a ajouté : « Même dans nos systèmes scolaires, les élèves ayant perdu un être cher ne reçoivent que peu de soutien. »

Certains participants ont expliqué qu’ils s’appuient sur leur culture et leur foi pour guérir, car le système ne parvient souvent pas à leur offrir le soutien nécessaire. Un participant a également souligné la difficulté de solliciter de l’aide parce que cela peut représenter un nouveau traumatisme pour certains. Il a ajouté : « Nos mères sont également traumatisées, mais elles ont souvent peur de demander de l’aide. »

En outre, certaines personnes semblent avoir peu confiance en la capacité du système à leur apporter le soutien nécessaire et se sont engagées à se défendre elles-mêmes. Elles se mobilisent en communauté pour lutter contre les traumatismes. Malgré les difficultés, ils ont manifesté leur volonté de défendre les familles des victimes et de parler plus ouvertement des traumatismes. Les participants ayant immigré récemment ont offert un point de vue nuancé. Ils ont reconnu ne pas s’être sentis préparés à relever les défis auxquels ils étaient confrontés, en particulier en ce qui concerne leur relation avec les jeunes. Ils ont également reconnu la nécessité d’ouvrir des voies de communication pour que leurs enfants et leurs jeunes se sentent libres de leur parler. Ils ont souligné qu’il était essentiel d’établir des relations solides avec leurs enfants pour pouvoir leur faire part de leurs sentiments.

L’importance d’améliorer les conditions de logement au sein du Toronto Community Housing a également été relevée. Une participante a raconté un incident terrifiant concernant sa petite-fille, au cours duquel une balle perdue s’est logée dans leur placard, et a souligné le manque de soutien pour les traumatismes psychologiques à la suite de cet incident. D’autres ont appelé à la mise en place de systèmes de soutien aux communautés noires qui tiendraient compte de leur diversité et de leurs besoins variés. Ils ont déploré la tendance du système à homogénéiser les communautés noires et leurs expériences et à mettre en place des aides inefficaces. Ils ont insisté sur la nécessité de comprendre la diversité des besoins et des expériences des communautés noires. Le commentaire « les personnes qui partagent une couleur de peau ne partagent pas nécessairement de liens familiaux » formulé par l’un des participants, illustre bien ce point.

Questions relatives à l’immigration

La plupart des participants ont fait part de leurs préoccupations concernant les conséquences en matière d’immigration pour les non-citoyens condamnés pour des délits. Ils ont exprimé leurs inquiétudes quant au manque d’éducation et de sensibilisation des personnes immigrantes. Bien que la plupart des participants n’aient pas pu raconter leur propre expérience d’expulsion ou celle de quelqu’un d’autre, ils ont fait part d’anecdotes concernant de jeunes hommes renvoyés dans leur pays d’origine avec des conséquences désastreuses pour leur vie. Par exemple, un participant qui est un prestataire de soins de santé a parlé d’hommes qui vivaient au Canada et qui avaient également été expulsés. Certains participants estiment qu’il est injuste que le Canada expulse des jeunes qui ont vécu la majeure partie de leur vie au Canada et sont convaincus qu’il devrait être de la responsabilité du Canada de les soutenir.

En outre, les participants ont parlé du manque de connaissance des lois sur l’immigration des immigrants et du soutien limité qu’ils reçoivent pour les aider à comprendre leurs droits et leurs responsabilités, et à composer avec le choc culturel. Par exemple, un participant a expliqué que : « Les jeunes s’attirent des ennuis avec leurs amis parce qu’ils ne savaient pas à l’époque qu’ils pouvaient être expulsés. Il faut aider les nouveaux immigrants à gérer le choc culturel et à passer par tout le processus d’adaptation. » Un autre participant a souligné la responsabilité du Canada : « Les jeunes hommes renvoyés "chez eux" ont appris les mauvaises actions ici et non chez eux, et donc, s’ils posent un problème, c’est un problème canadien. » Les participants se sont accordés sur le fait qu’aucune personne arrivant au Canada avant l’âge de 18 ans ne devrait être expulsée vers des pays où elle n’a pas de contact, pas de famille et pas de perspectives d’avenir. Les immigrants devraient avoir accès à des services leur permettant d’apprendre leurs droits et leurs responsabilités, sans pour autant se laisser manipuler par le système.

Collecte de données

Bien que les participants soient d’accord avec certains des sujets suggérés pour la collecte de données propres à la race, ils n’ont pas fait de suggestions sur la manière dont les données relatives à la race peuvent être recueillies et utilisées. Toutefois, certains ont fait part de leurs préoccupations concernant le manque de représentation et d’inclusion des communautés noires dans les discussions sur les raisons pour lesquelles les données sont recueillies et dans quel but.

D’autres ont fait part de leurs préoccupations concernant les données recueillies auprès des communautés noires, car les résultats ne sont presque pas communiqués à ces dernières et les changements qu’elles attendent ne se concrétisent souvent pas.

Les participants ont parlé de la façon dont le système homogénéise les communautés noires et leurs expériences et ont appelé à un investissement soutenu pour mieux comprendre les besoins et les défis des diverses communautés noires et concevoir des interventions qui tiennent compte de la culture. Ce que l’on peut déduire de ce sentiment, c’est qu’il est nécessaire de porter un regard critique sur les pratiques actuelles de collecte de données et de développer des approches inclusives et respectueuses de la culture avec et pour les communautés noires.